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Chez Careproduct, nous nous efforçons chaque jour non seulement de vous proposer d'excellents produits, mais aussi de vous apporter un véritable soutien au quotidien grâce à notre service, notre disponibilité et nos conseils personnalisés. Cependant, pour contribuer activement à façonner l'avenir des soins et de la mobilité, il faut davantage : des connaissances, de la recherche et de nouvelles perspectives.
C'est pourquoi nous sommes ravis de commencer une collaboration avec Simone Eicher de la Haute école spécialisée de Suisse orientale (OST). Elle enrichira désormais notre blog avec des articles passionnants sur la recherche sur le vieillissement, allant des développements actuels aux sujets qui nous concernent tous. Vous pouvez vous réjouir de découvrir des informations approfondies et des contenus inspirants!
À propos de l'auteur
Simone Eicher est directrice du centre de compétences Innovations technologiques et vieillissement à l'Institut de recherche sur le vieillissement de l'OST.
Elle est spécialiste des sciences du mouvement et fascinée par l'interface entre l'homme et la technologie. Auparavant, elle a travaillé plusieurs années comme thérapeute sportive au sein de l'équipe Robotique et sport d'une clinique de rééducation en tant qu'utilisatrice et, depuis cinq ans, elle travaille à l'Institut de recherche sur le vieillissement à cette interface. Elle et son équipe mènent des recherches orientées vers les applications avec et pour les personnes âgées et placent leurs besoins au centre de leurs préoccupations.

2. Article de blog / 03 /03 /2026
Personnalité et santé cognitive – comment nos traits de caractère influencent le vieillissement
Notre personnalité influence la manière dont nous pensons, ressentons et agissons. Elle façonne notre façon de faire face aux défis, d’organiser notre quotidien, d’entretenir des relations – et aussi de prendre soin de notre santé. Mais que signifie exactement le terme personnalité ?
Les « Big Five » – cinq traits fondamentaux de la personnalité
En psychologie de la personnalité, le modèle des « Big Five » s’est largement imposé. Il décrit cinq caractéristiques fondamentales que chacun possède, mais à des degrés différents. Ces traits sont relativement stables, tout en pouvant évoluer au cours de la vie.
La conscienciosité décrit à quel point une personne est organisée, fiable et orientée vers les objectifs. Une personne consciencieuse planifie soigneusement ses rendez-vous, respecte ses engagements et persévère même lorsque les choses deviennent exigeantes – par exemple pour faire du sport régulièrement ou apprendre un nouvel instrument de musique.
Le neuroticisme désigne la tendance à réagir de manière émotionnellement sensible au stress. Les personnes présentant un niveau élevé de neuroticisme s’inquiètent plus rapidement, se sentent plus facilement dépassées ou ruminent davantage. À l’inverse, une personne émotionnellement stable reste plus calme dans les situations difficiles et parvient mieux à relativiser les contraintes.
L’extraversion correspond à la sociabilité, à l’activité et aux émotions positives. Les personnes extraverties recherchent souvent le contact avec les autres, aiment être entourées et participent activement à la vie sociale – par exemple en rencontrant régulièrement des amis ou en s’engageant dans des associations.
L’ouverture à l’expérience décrit la curiosité, la créativité et l’intérêt pour la nouveauté. Les personnes ayant un niveau élevé d’ouverture aiment essayer de nouvelles choses, voyager, apprendre une langue ou s’intéresser à des thèmes culturels et intellectuels.
L’agréabilité reflète l’empathie, l’altruisme et la volonté de coopérer. Les personnes agréables font preuve d’égards envers les autres, aiment aider et attachent de l’importance à des relations harmonieuses.
Chaque personne possède ces cinq traits – mais à des intensités différentes. Et précisément ces différences peuvent avoir, au fil des décennies, des répercussions sur notre santé. Dans mes propres recherches, nous avons montré à plusieurs reprises, dans de vastes études longitudinales, que certains traits de personnalité sont étroitement liés à la santé cognitive et au risque de démence.
Illustration : image générée par IA. Représentation des cinq traits de personnalité (« Big Five ») à travers des comportements typiques du quotidien.
2. Pourquoi de nombreux projets échouent dans la pratique
Malgré de nombreux projets pilotes, l’utilisation à grande échelle des technologies robotiques reste jusqu’à présent limitée. Dans la pratique, les robots sont généralement spécialisés dans des tâches partielles et nécessitent des processus très structurés et adaptés ainsi que des formations pour les utilisateur·rice·s. De plus, l’expérience montre que les soignant·e·s et les résident·e·s des établissements médico-sociaux sont certes sceptiques, mais souvent aussi curieux·ses et ouverts·es à essayer de nouvelles technologies comme les robots. Expliquer le faible degré de diffusion uniquement par un « manque d’intérêt pour la technologie » est donc insuffisant.
La recherche montre que de nombreux systèmes échouent en raison de l’acceptation des utilisateur·rice·s finaux·ales, car leur utilisation entraîne actuellement souvent plus d’efforts que de soulagement. Les robots doivent être encadrés, entretenus, chargés et connectés au WLAN. Des messages d’erreur apparaissent, et les appareils sont coûteux. De plus, l’intégration dans des processus de soins complexes est exigeante. Des questions éthiques telles que la protection des données et la vie privée jouent également un rôle important, en particulier lorsque les caméras ou les capteurs des robots enregistrent des données personnelles. Ainsi, de nombreux robots finissent par rester dans un placard après la fin des projets de recherche – comme le décrit également James Wright dans son livre « Robots Won’t Save Japan ».
À cela s’ajoutent des conditions économiques également difficiles : de nombreux fabricants de robotique qui ont tenté leur entrée sur le marché ont dû abandonner ces dernières années. Ainsi, en 2025, l’entreprise derrière les robots Pepper et Nao, deux robots très connus et largement représentés dans les médias, a dû déclarer faillite. Avoir une vue d’ensemble des technologies actuellement disponibles sur le marché constitue un défi. Le secteur de la robotique ne semble pas être une activité simple ; les attentes initiales n’ont clairement pas été atteintes.

Illustration : image générée par IA. Représentation des cinq traits de personnalité (« Big Five ») à travers des comportements typiques du quotidien.
Que signifie la santé cognitive ?
La santé cognitive désigne la capacité à maintenir le plus longtemps possible, au cours de la vie, des fonctions mentales telles que la mémoire, l’apprentissage, la pensée, la planification ou la prise de décision.
Dans la vie quotidienne, elle se manifeste par exemple par notre capacité à suivre une conversation, à nous souvenir de rendez-vous, à résoudre des problèmes ou à assimiler de nouvelles informations.
La santé cognitive n’est pas un état statique, mais un processus dynamique. Elle est influencée par de nombreux facteurs, notamment l’éducation, la santé physique, l’environnement social, le mode de vie – et aussi la personnalité. L’objectif n’est pas de conserver exactement les mêmes performances dans tous les domaines jusqu’à un âge très avancé, mais de préserver le plus longtemps possible les capacités mentales nécessaires pour vivre de manière autonome et active.
Le vieillissement cognitif – des changements naturels
Avec l’âge, les capacités cognitives évoluent naturellement. Certains processus, comme la vitesse de traitement de l’information ou le rappel spontané de noms, peuvent légèrement diminuer.
En revanche, d’autres capacités restent souvent stables ou peuvent même s’améliorer. C’est notamment le cas du vocabulaire, de l’expérience de vie ou de la capacité à comprendre des relations complexes.
Le vieillissement cognitif n’est donc pas un déclin uniforme, mais un processus individuel et multidimensionnel. L’ampleur et la rapidité des changements dépendent de nombreux facteurs : la santé physique, le mode de vie, mais aussi des facteurs sociaux et psychologiques.
Les recherches montrent de plus en plus clairement que la personnalité joue également un rôle important dans la manière dont les individus font face à ces changements et maintiennent leur forme mentale.
La personnalité comme facteur de santé
De nombreuses études montrent que certains traits de personnalité sont systématiquement associés à des comportements favorables à la santé.
C’est particulièrement visible pour la conscienciosité. Les personnes consciencieuses ont davantage tendance à adopter une alimentation équilibrée, à pratiquer régulièrement une activité physique, à participer à des examens de prévention et à éviter des habitudes nocives comme le tabagisme ou une consommation excessive d’alcool.
Elles structurent leur quotidien, maintiennent des routines et se fixent des objectifs. Ces comportements, qui peuvent sembler modestes, s’additionnent au fil des années et peuvent faire une grande différence à long terme.
L’ouverture à l’expérience peut également jouer un rôle important. Les personnes curieuses, qui explorent de nouveaux sujets ou cultivent des loisirs créatifs, stimulent régulièrement leur cerveau. Des activités cognitivement stimulantes comme la lecture, la musique ou l’apprentissage d’une langue contribuent à maintenir la flexibilité mentale.
L’extraversion et l’agréabilité, quant à elles, agissent souvent à travers les relations sociales. Les personnes qui aiment interagir avec les autres restent plus souvent socialement intégrées, entretiennent des amitiés et participent à des communautés. L’activité sociale est considérée comme un facteur protecteur important pour la santé cognitive.
À l’inverse, un niveau élevé de neuroticisme est souvent associé à des trajectoires de santé moins favorables. Les personnes sujettes aux inquiétudes, aux tensions ou à une forte charge émotionnelle vivent plus fréquemment du stress, dorment moins bien et adoptent parfois des stratégies d’adaptation moins saines. Sur le long terme, ces facteurs peuvent nuire à la santé physique et cognitive.
Personnalité et risque de démence
Les recherches récentes montrent que la personnalité n’influence pas seulement la santé de manière indirecte par les comportements, mais qu’elle est également liée au risque de maladies cognitives à long terme.
Deux traits se distinguent particulièrement :
une forte conscienciosité et une grande stabilité émotionnelle (donc un faible neuroticisme).
Les études montrent que les personnes présentant ce profil ont environ 25 % de risque en moins de développer une démence à un âge avancé. De plus, le déclin cognitif y progresse en moyenne plus lentement.
À l’inverse, un neuroticisme élevé est associé à un risque accru de troubles cognitifs. Le stress chronique peut avoir des effets négatifs sur le cerveau, par exemple à travers des troubles du sommeil, des processus inflammatoires ou des stratégies d’adaptation malsaines.
Il ne s’agit toutefois pas de considérer certains traits comme « bons » ou « mauvais ». Les résultats montrent plutôt que la personnalité rend certains chemins de vie plus probables, notamment en ce qui concerne le mode de vie, la gestion du stress ou l’intégration sociale..
La voie indirecte : les comportements quotidiens
Un résultat central de la recherche est que la personnalité agit principalement à travers les habitudes du quotidien.
Les personnes consciencieuses développent plus facilement des routines favorables à la santé. Les personnes émotionnellement stables gèrent mieux les situations difficiles et entrent moins souvent dans des spirales de stress prolongées.
L’ouverture à l’expérience favorise quant à elle l’activité intellectuelle. Les personnes qui s’exposent régulièrement à de nouvelles expériences entraînent leur cerveau et développent ce que l’on appelle des réserves cognitives, qui aident à compenser plus longtemps les changements liés à l’âge.
Les relations sociales jouent également un rôle essentiel. Les personnes qui se sentent intégrées et participent activement à la vie sociale bénéficient non seulement sur le plan émotionnel, mais aussi sur le plan cognitif.
La personnalité évolue tout au long de la vie
Un constat particulièrement encourageant de la recherche est que la personnalité, bien que relativement stable, n’est pas immuable.
Au cours de la vie, de nombreuses personnes évoluent – souvent vers plus de conscienciosité et une plus grande stabilité émotionnelle.
La PEACH-Study menée à Zurich montre notamment que certains traits de personnalité peuvent être influencés de manière ciblée lorsque les individus se fixent consciemment des objectifs de développement personnel et travaillent activement à de nouvelles habitudes.
Ces changements ne surviennent pas spontanément, mais à travers les expériences et les décisions du quotidien. Prendre des responsabilités, relever de nouveaux défis ou instaurer des routines peut renforcer certains traits de personnalité.
Par exemple, instaurer des structures – comme une activité physique régulière, des rendez-vous fixes ou des objectifs d’apprentissage – peut favoriser la conscienciosité. De même, apprendre des stratégies de gestion du stress peut contribuer à une plus grande stabilité émotionnelle.
Ces évolutions influencent non seulement le bien-être immédiat, mais peuvent aussi soutenir la santé cognitive à long terme.
Vieillir en bonne santé: rester actif
Vieillir en bonne santé signifie organiser sa vie de manière active, en tenant compte de ses possibilités, de ses besoins et de ses valeurs.
L’essentiel est de rester actif physiquement, mentalement et socialement.
Pour certains, cela signifie apprendre un instrument de musique. Pour d’autres, s’engager bénévolement, voyager, apprendre une langue ou passer régulièrement du temps avec la famille et les amis.
Toutes ces activités favorisent la flexibilité mentale et renforcent la qualité de vie.
La recherche montre que la personnalité agit comme une boussole intérieure. Elle influence les chemins que nous empruntons, la manière dont nous faisons face aux défis et la façon dont nous organisons notre vie.
Les résultats des dernières années montrent clairement que la santé cognitive n’est pas uniquement une question de gènes ou de hasard. Elle se développe dans l’interaction entre personnalité, comportements et environnement de vie, sur plusieurs décennies.
Rester curieux, assumer des responsabilités, entretenir des relations et prendre soin de soi constitue non seulement la base d’une vie épanouie, mais aussi celle d’un esprit alerte jusqu’à un âge avancé.
Reference: Aschwanden, D., Strickhouser, J. E., Luchetti, M., Stephan, Y., Sutin, A. R., & Terracciano, A. (2021). Is personality associated with dementia risk? A meta-analytic investigation. Ageing Research Reviews, 67. https://doi.org/10.1016/j.arr.2021.101269 Bogg, T., & Roberts, B. W. (2004). Conscientiousness and health-related behaviors: a meta-analysis of the leading behavioral contributors to mortality. Psychological Bulletin, 130, 887–919. https://doi.org/10.1037/0033-2909.130.6.887 Costa, P. T., & McCrae, R. R. (1992a). Four ways five factors are basic. Personality and Individual Differences, 13, 653-665. https://doi.org/10.1016/0191-8869(92)90236-I Salthouse, T. A. (2004). What and when of cognitive aging. Current Directions in Psychological Science, 13, 140-144. https://doi.org/10.1111/j.0963-7214.2004.00293.x Stieger, M., Nissen, M., Rüegger, D., Kowatsch, T., Flückiger, C., & Allemand, M. (2018). PEACH, a smartphone- and conversational agent-based coaching intervention for intentional personality change: study protocol of a randomized, wait-list controlled trial. BMC Psychology, 6. https://doi.org/10.1186/s40359-018-0257-9
À propos de l'auteur
Simone Eicher est directrice du centre de compétences Innovations technologiques et vieillissement à l'Institut de recherche sur le vieillissement de l'OST.
Elle est spécialiste des sciences du mouvement et fascinée par l'interface entre l'homme et la technologie. Auparavant, elle a travaillé plusieurs années comme thérapeute sportive au sein de l'équipe Robotique et sport d'une clinique de rééducation en tant qu'utilisatrice et, depuis cinq ans, elle travaille à l'Institut de recherche sur le vieillissement à cette interface. Elle et son équipe mènent des recherches orientées vers les applications avec et pour les personnes âgées et placent leurs besoins au centre de leurs préoccupations.

1. Article de blog / 19/11/2025
Les robots dans les soins et l'accompagnement : entre vision et réalité
Qu’est-ce qui est déjà réalité aujourd’hui, et où se situent les limites ? Cette question n’est pas simple, car vision et réalité sont souvent étroitement mêlées.
Cet article présente – sur la base des expériences issues de projets de recherche de l’IAF (Institut de recherche sur le vieillissement) – quels développements fonctionnent réellement, où se trouvent les principaux obstacles et quelles opportunités s’ouvrent à long terme.
1. Attentes, mythes et promesses médiatiques
Les robots dans les soins sont souvent présentés dans les médias comme une solution universelle – comme aide pour soulever des personnes, comme systèmes de rappel pour la prise de médicaments ou même comme ami et partenaire de conversation. Cependant, de nombreuses promesses médiatiques exagèrent. Celui qui cherche sur Google « L’avenir des soins » trouve d’innombrables images de robots humanoïdes, c’est-à-dire à apparence humaine.
De telles représentations dans les médias, lors de conférences spécialisées ou sur Internet donnent l’impression que, dans quelques années, nous verrons de tels « soignants » au chevet des patients. L’image utilisée ici est générée par ordinateur et constitue donc une représentation symbolique – elle ne montre pas une situation réelle. Des mots-clés provocateurs comme « la déshumanisation des soins » attirent l’attention, mais alimentent aussi les peurs. Cela est compréhensible, car un facteur central dans les soins et l’accompagnement est la dimension interpersonnelle. L’idée que des machines puissent assumer ce rôle provoque souvent un sentiment désagréable.
Un exemple souvent cité pour l’utilisation des technologies dans les soins est le Japon : un examen plus attentif montre toutefois que le pays du Soleil-Levant a certes investi, à partir de 2014, d’énormes sommes dans le développement de systèmes d’assistance robotisés dans le cadre de sa stratégie technologique, afin de développer des solutions pour la société vieillissante. De nombreux projets de recherche ont produit des prototypes, et il y avait des incitations financières pour les institutions de soins afin de tester ou de louer de telles technologies. Néanmoins, seules quelques-unes ont réellement atteint le marché. Une étude commandée en 2019 par le ministère fédéral allemand de l’Économie et de l’Énergie (BMWi) est arrivée à la conclusion qu’au Japon, il n’y a pas plus de robotique de service utilisée dans les soins qu’en Allemagne. L’idée que des robots pourraient remplacer les professionnels des soins est donc, même au Japon, encore loin de la réalité.
2. Pourquoi de nombreux projets échouent dans la pratique
Malgré de nombreux projets pilotes, l’utilisation à grande échelle des technologies robotiques reste jusqu’à présent limitée. Dans la pratique, les robots sont généralement spécialisés dans des tâches partielles et nécessitent des processus très structurés et adaptés ainsi que des formations pour les utilisateur·rice·s. De plus, l’expérience montre que les soignant·e·s et les résident·e·s des établissements médico-sociaux sont certes sceptiques, mais souvent aussi curieux·ses et ouverts·es à essayer de nouvelles technologies comme les robots. Expliquer le faible degré de diffusion uniquement par un « manque d’intérêt pour la technologie » est donc insuffisant.
La recherche montre que de nombreux systèmes échouent en raison de l’acceptation des utilisateur·rice·s finaux·ales, car leur utilisation entraîne actuellement souvent plus d’efforts que de soulagement. Les robots doivent être encadrés, entretenus, chargés et connectés au WLAN. Des messages d’erreur apparaissent, et les appareils sont coûteux. De plus, l’intégration dans des processus de soins complexes est exigeante. Des questions éthiques telles que la protection des données et la vie privée jouent également un rôle important, en particulier lorsque les caméras ou les capteurs des robots enregistrent des données personnelles. Ainsi, de nombreux robots finissent par rester dans un placard après la fin des projets de recherche – comme le décrit également James Wright dans son livre « Robots Won’t Save Japan ».
À cela s’ajoutent des conditions économiques également difficiles : de nombreux fabricants de robotique qui ont tenté leur entrée sur le marché ont dû abandonner ces dernières années. Ainsi, en 2025, l’entreprise derrière les robots Pepper et Nao, deux robots très connus et largement représentés dans les médias, a dû déclarer faillite. Avoir une vue d’ensemble des technologies actuellement disponibles sur le marché constitue un défi. Le secteur de la robotique ne semble pas être une activité simple ; les attentes initiales n’ont clairement pas été atteintes.

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1. Article de blog / 19/11/2025
Les robots dans les soins et l'accompagnement : entre vision et réalité
Qu’est-ce qui est déjà réalité aujourd’hui, et où se situent les limites ? Cette question n’est pas simple, car vision et réalité sont souvent étroitement mêlées.
Cet article présente – sur la base des expériences issues de projets de recherche de l’IAF (Institut de recherche sur le vieillissement) – quels développements fonctionnent réellement, où se trouvent les principaux obstacles et quelles opportunités s’ouvrent à long terme.
1. Attentes, mythes et promesses médiatiques
Les robots dans les soins sont souvent présentés dans les médias comme une solution universelle – comme aide pour soulever des personnes, comme systèmes de rappel pour la prise de médicaments ou même comme ami et partenaire de conversation. Cependant, de nombreuses promesses médiatiques exagèrent. Celui qui cherche sur Google « L’avenir des soins » trouve d’innombrables images de robots humanoïdes, c’est-à-dire à apparence humaine.
De telles représentations dans les médias, lors de conférences spécialisées ou sur Internet donnent l’impression que, dans quelques années, nous verrons de tels « soignants » au chevet des patients. L’image utilisée ici est générée par ordinateur et constitue donc une représentation symbolique – elle ne montre pas une situation réelle. Des mots-clés provocateurs comme « la déshumanisation des soins » attirent l’attention, mais alimentent aussi les peurs. Cela est compréhensible, car un facteur central dans les soins et l’accompagnement est la dimension interpersonnelle. L’idée que des machines puissent assumer ce rôle provoque souvent un sentiment désagréable.
Un exemple souvent cité pour l’utilisation des technologies dans les soins est le Japon : un examen plus attentif montre toutefois que le pays du Soleil-Levant a certes investi, à partir de 2014, d’énormes sommes dans le développement de systèmes d’assistance robotisés dans le cadre de sa stratégie technologique, afin de développer des solutions pour la société vieillissante. De nombreux projets de recherche ont produit des prototypes, et il y avait des incitations financières pour les institutions de soins afin de tester ou de louer de telles technologies. Néanmoins, seules quelques-unes ont réellement atteint le marché. Une étude commandée en 2019 par le ministère fédéral allemand de l’Économie et de l’Énergie (BMWi) est arrivée à la conclusion qu’au Japon, il n’y a pas plus de robotique de service utilisée dans les soins qu’en Allemagne. L’idée que des robots pourraient remplacer les professionnels des soins est donc, même au Japon, encore loin de la réalité.
2. Pourquoi de nombreux projets échouent dans la pratique
Malgré de nombreux projets pilotes, l’utilisation à grande échelle des technologies robotiques reste jusqu’à présent limitée. Dans la pratique, les robots sont généralement spécialisés dans des tâches partielles et nécessitent des processus très structurés et adaptés ainsi que des formations pour les utilisateur·rice·s. De plus, l’expérience montre que les soignant·e·s et les résident·e·s des établissements médico-sociaux sont certes sceptiques, mais souvent aussi curieux·ses et ouverts·es à essayer de nouvelles technologies comme les robots. Expliquer le faible degré de diffusion uniquement par un « manque d’intérêt pour la technologie » est donc insuffisant.
La recherche montre que de nombreux systèmes échouent en raison de l’acceptation des utilisateur·rice·s finaux·ales, car leur utilisation entraîne actuellement souvent plus d’efforts que de soulagement. Les robots doivent être encadrés, entretenus, chargés et connectés au WLAN. Des messages d’erreur apparaissent, et les appareils sont coûteux. De plus, l’intégration dans des processus de soins complexes est exigeante. Des questions éthiques telles que la protection des données et la vie privée jouent également un rôle important, en particulier lorsque les caméras ou les capteurs des robots enregistrent des données personnelles. Ainsi, de nombreux robots finissent par rester dans un placard après la fin des projets de recherche – comme le décrit également James Wright dans son livre « Robots Won’t Save Japan ».
À cela s’ajoutent des conditions économiques également difficiles : de nombreux fabricants de robotique qui ont tenté leur entrée sur le marché ont dû abandonner ces dernières années. Ainsi, en 2025, l’entreprise derrière les robots Pepper et Nao, deux robots très connus et largement représentés dans les médias, a dû déclarer faillite. Avoir une vue d’ensemble des technologies actuellement disponibles sur le marché constitue un défi. Le secteur de la robotique ne semble pas être une activité simple ; les attentes initiales n’ont clairement pas été atteintes.

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3. Limites et opportunités des technologies modernes
Les robots ne peuvent et ne doivent pas remplacer la proximité émotionnelle, l'empathie et l'accompagnement individuel.
Leur utilisation est couronnée de succès lorsqu'ils viennent compléter l'action humaine. Ainsi, les animaux robots tels que Paro, Joy for All ou Moflin peuvent favoriser la communication, réveiller des souvenirs, stimuler ou apaiser. Cela ne fonctionne toutefois que si la technologie est jugée utile et utilisée de manière ciblée. Les tâches routinières telles que le transport, la mémorisation ou la surveillance peuvent déjà être automatisées et constituent des domaines d'application potentiels pertinents. En revanche, les obstacles réglementaires sont nettement plus importants pour les tâches de soins et des questions juridiques, techniques, éthiques et économiques subsistent.
La mise en œuvre des technologies dans la vie quotidienne réelle prend du temps. Toutes les personnes concernées doivent se familiariser avec la technologie, acquérir de l'expérience, découvrir où et comment la technologie apporte une valeur ajoutée. Cela est très individuel. Ainsi, un robot aspirateur peut être une aide précieuse au quotidien pour certains, mais inutile pour d'autres. Les deux ont raison. La technologie doit être adaptée à l'individu et à ses besoins. Chacun doit examiner et décider par lui-même quelle solution est appropriée.

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4. Un regard réaliste vers l'avenir
Les grandes entreprises technologiques investissent des milliards dans de nouveaux modèles de robots. On lit régulièrement que des systèmes humanoïdes arrivent sur le marché et devraient nous soutenir à l’avenir. Les progrès sont impressionnants, mais la réalité reste complexe. Dans des environnements contrôlés, comme par exemple la fabrication industrielle de produits, beaucoup de choses fonctionnent déjà étonnamment bien. Toutefois, pour que les robots puissent travailler de manière fiable dans un environnement humain imprévisible comme un établissement médico-social, les développeur·euse·s en robotique ont encore beaucoup de travail devant eux.
Le professeur de l’ETH Robert Riener souligne également dans une revue de 2023 que, malgré de grands progrès, les robots humanoïdes sont encore loin d’atteindre la dextérité et la capacité d’adaptation de l’être humain. Actuellement, seuls des robots spécialisés peuvent rivaliser avec la performance humaine dans des environnements clairement structurés. Pour des tâches complexes dans des environnements de vie humains, comme les actes de soins ou comme assistant en cuisine, il n’existe jusqu’à présent pas de solutions adaptées.
5. Conclusion
La vision de robots humanoïdes dans les soins et l’accompagnement n’est, en dehors de la recherche, pas encore prévisible et souvent encore loin d’applications prêtes pour le marché, mais le développement est impressionnant. Les premiers lieux d’utilisation seront probablement des domaines industriels, certains secteurs du commerce de détail et des environnements de service sélectionnés, c’est-à-dire des lieux où l’agencement et les processus sont clairement définis.
Lorsque nous parlons aujourd’hui de robots dans les soins et l’accompagnement, nous évoluons entre de grandes attentes et tout autant de grandes questions. De nombreuses visions semblent impressionnantes, mais le quotidien montre que la technique seule ne résout pas les problèmes. Ce qui est décisif, c’est la manière dont nous l’utilisons.
Dans les prochaines années, nous verrons probablement une augmentation des systèmes spécialisés – de petits assistants pour le transport, le rappel ou l’activation, mais pas de soignants humanoïdes au chevet du patient. Parallèlement, l’interaction entre les capteurs, l’intelligence artificielle et la télémédecine se développe. Il en résulte un nouvel écosystème des soins qui peut faciliter le travail et améliorer la qualité, si la technologie est développée avec mesure, responsabilité éthique et en étroite concertation avec les soignant·e·s et les personnes soignées.
6. Perspectives
Sources complémentaires
• Ministère fédéral allemand de l'Économie et de l'Énergie (BMWi). (2019). Utilisation de systèmes robotiques dans les soins infirmiers au Japon compte tenu de la demande croissante en personnel qualifié (résumé). Institut IGES. https://www.bundeswirtschaftsministerium.de/Redaktion/DE/Publikationen/Studien/einsatz-von-robotischen-systemen-pflege-japan.html
• Wright, J. (2023). Robots Won’t Save Japan: An Ethnography of Eldercare Automation. ILR Press / Cornell University Press. https://doi.org/10.7591/cornell/9781501768040.001.0001
• Riener R, Rabezzana L et Zimmermann Y (2023) Les robots surpassent-ils les humains dans les domaines centrés sur l'humain ? Front. Robot. AI 10:1223946. https://doi.org/10.3389/frobt.2023.1223946
• IAF – Institut de recherche sur le vieillissement, OST Haute école spécialisée de Suisse orientale, IAF Institut de recherche sur le vieillissement | OST
• Plateforme robotique : robotik-info.ch
